Le compagnon de voyage de Curzio Malaparte

Publié le par Poulp

J'ai lu ce livre dans le cadre de lecture commune de Mars/avril sur le forum Partage lecture et en partenariat avec les éditions de La Table Ronde.

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Nombre de page : 107
Edition : La Table Ronde 
ISBN : 973-2-7103-3090-5

 

4e de couverture

Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le compagnon de voyage a pour cadre l'Italie de 1943 après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les homme de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.

Au milieu de cette débandade, Calusia, un soldat bergamasque, entame la lente remontée de la péninsule jusqu'à Naple. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié.

Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.


Mon Avis


L’histoire du compagnon de voyage prend place dans l’Italie de 1943, à la suite du débarquement anglais et de la chute de Mussolini. Les hommes se retrouvent dans le chaos, et ne savent plus de qui recevoir leurs ordres. Calusia va entreprendre une mission, qu’il considère être comme la dernière que lui a ordonnée son officier : ramener son corps à sa mère. Cette histoire courte d’une centaine de pages relate le parcours de Calusia, depuis la Calabre jusqu’à Naples, et est parsemé de rencontres avec des personnages plus tous atypiques les uns que les autres.

 

J’ai aimé cette lecture, j’ai aimé rencontrer ces personnages (tout particulièrement l’âne Roméo), j’ai aimé la manière dont ils rentraient un peu brusquement dans l’histoire et la manière tout aussi brusque dont ils en sortaient. J’ai aussi apprécié le côté « à la limite de l’absurde » que l’on retrouve tout au long du livre dans les descriptions des personnages et les situations un peu cocasses face auxquelles se retrouve Calusia, ce qui, à mon sens, ne fait qu’accentuer le caractère de perdition dans lequel se trouve la population italienne et Calusia. J’ai perçu ce voyage comme une bouée de sauvetage pour ce dernier, qui sans cette mission n’aurait plus su où aller. Dans un pays en perte de repères Calusia a su se sauver en se trouvant un but qui lui a permis de traverser ces jours difficiles.

 

Tout ce récit est servi par une écriture puissante et brute, formées de phrases courtes et poignantes. L’histoire nous est comptée au présent, ce qui donne à cette écriture un pouvoir inclusif fort. En effet, tout au long du récit j’ai eu l’impression de me trouver aux côtés de Calusia, en tant que spectatrice, pas une spectatrice passive mais une spectatrice sollicitée par toutes les images que Calusia était amené à rencontrer. Les phrases courtes et le présent ont, en outre, permis de renforcer l’aspect chaotique de la situation en Italie au moment des faits. Ce style donne en effet l’impression que l’auteur, tout comme Calusia, ne sait plus où donner de la tête face aux événements soudain qui touchent l’Italie.

 

En bref, ce roman est un roman que je qualifierais d’expérientiel, qui m’a fait atterrir en pleine seconde Guerre Mondiale dans une Italie en perte de repères. Une lecture à laquelle je ne m’attendais pas et qui a su me surprendre.

 

A Découvrir


Je remercie Partage et les éditions de La Table Ronde pour cette jolie découverte et ce moment atypique.



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Publié dans Romans

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Commenter cet article

Marc Lefrançois 26/04/2010 09:50


Un très bon auteur!


Poulp 26/04/2010 10:14



Pour moi ce fut une découverte de l'auteur, mais en effet j'ai très apprécié cette lecture!



Avalon 16/04/2010 15:48


Je compte mettre en lien vers ton blog mais j'attends que tous les billets sur ce livre soient rendus avant.


Poulp 16/04/2010 21:16



Rein ne t'oblige à l'ajouter Avalon, je t'ai juste mis le lien pour te prévenir



Céline 16/04/2010 12:25


Merci d'avoir ajouter mon lien pour cet article. Bonne journée.


Poulp 16/04/2010 21:16



Mais de rien !